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Clément Castets, pilier gauche au Stade Français Paris

Puiblié le 07/06/2024

Bonjour Clément, peux-tu te présenter rapidement et nous raconter en deux mots les débuts de ton engagement pour l’écologie ?

Je m’appelle Clément Castets, j’ai 28 ans et je suis joueur de rugby professionnel au Stade Français Paris. Concernant les débuts de mon engagement pour l’écologie, je pense que ça remonte à mes 14-15 ans, lorsque je voyais mes copains jeter leurs papiers par terre. C’est très lié à mon éducation : on m’avait appris à ne pas le faire, donc je leur faisais la réflexion.

Depuis, j’ai développé une grande empathie envers la nature. Je me suis pas mal renseigné, et j’ai pris conscience via les réseaux sociaux des ordres de grandeur ainsi que des gestes à adopter pour la protéger. Ça fait quelques années maintenant que j’essaie d’être dans une logique de décroissance, j’essaie au maximum de réduire mon bilan carbone et de m’inscrire dans une démarche écologique.

En 2024, allier conscience écologique et sport de haut niveau peut sembler relever du paradoxe. Tu en es pourtant le parfait exemple. Comment parviens-tu à concilier les deux au quotidien ?

C’est forcément plus facile à titre personnel que professionnel parce que ne pas prendre l’avion n’engage que moi ! Pour partir en vacances par exemple, je choisis des destinations qui ne sont pas trop éloignées, et je privilégie l’usage du train.

Pour ce qui est du professionnel, je n’ai évidemment pas le choix. Des clubs sud-africains ont intégré la Coupe d’Europe, et en termes de bilan carbone c’est une catastrophe. On est par exemple obligés de faire 10 heures d’avion pour aller jouer un seul match. Donc oui, on est confrontés à ce genre de non-sens qui vont à l’encontre des problématiques actuelles.

Toutefois, ça ne m’empêche pas de m’impliquer avec le club, et de travailler en collaboration avec la RSE sur des démarches plus responsables. Le Stade Français Paris fait désormais partie de la grande coalition des entreprises de Team for the Planet, et j’en tire une grande fierté !

World Rugby s’est engagé à réduire de 50 % ses émissions de CO2 d’ici 2030. Cela implique de s’attaquer au principal responsable de ces émissions, c’est-à-dire les transports. Penses-tu qu’il soit possible de réduire l’impact de tels événements sans priver une partie des supporters, notamment étrangers ?

Concernant les solutions techniques, ce n’est pas mon champ de compétence. Cela dit, à la question, « est-ce possible ? », je réponds que tout est possible à partir du moment où on en a une réelle envie. Il en va de la démarche de repenser la manière dont on voyage, dont on vit et dont on travaille.

J’ai lu récemment qu’il devenait possible pour certains employeurs d’octroyer des congés supplémentaires à leurs employés lorsqu’ils se déplaçaient en train. C’est forcément plus compliqué pour les supporters étrangers, mais à l’échelle européenne, c’est tout à fait possible.

En fait, le truc avec l’écologie c’est qu’on la voit souvent par le prisme des contraintes. Si on prend le parti de considérer que « c’est comme ça et pas autrement », on se rend compte qu’on peut composer avec ces contraintes et que tout devient possible.

Lorsque l’on parle de sport durable, d’où selon toi doit provenir le changement ? Des fédérations ? Des clubs ? Des supporters ? Un peu tout ça à la fois ?

Je choisis la réponse facile : ça doit venir de tout le monde ! Ça tombe bien, aujourd’hui on est le 16 mai et l’État vient d’investir 5 millions d’euros dans Team for the Planet via l’ADEME. Ça a été possible parce que des dizaines de milliers de citoyens se sont investis et on investit dans Team for the Planet. Le mouvement a pris de l’ampleur, et l’État a été forcé de constater qu’il s’agissait là d’une solution plus que positive.

Selon moi, tout attendre de l’État et des entreprises tout en continuant à acheter son sac de luxe chez les grandes marques, à faire ses courses dans les grandes surfaces et à mordre à chaque fois que l’on voit un peu de greenwashing, ce n’est pas suffisant. Il faut faire l’effort d’aller vers les petits producteurs, de consommer moins et mieux, de prôner la décroissance et d’écouter les experts qui sont compétents à ce niveau-là.

Je porte des idées écologiques mais ce n’est pas moi qui les ai inventées, je me contente de faire le relais des centaines de scientifiques du GIEC et de suivre leurs recommandations. Si l’on se laisse influencer par les discours politiques et par des personnes pas forcément bienveillantes, il est facile de croire que seuls les Chinois et les Américains sont responsables de ce qui nous arrive. Il est important de bien vérifier ses sources d’informations.

Comment imagines-tu l’avenir du sport en compétition dans les 10 prochaines années ?

La grande question selon moi, c’est « va-t-on changer avant d’être contraints à changer ? ». Si demain un club se dit, « maintenant c’est fini, on a envie d’être irréprochables », il favorisera les déplacements en train et s’arrangera pour que ses supporters utilisent des mobilités douces.

Il y a aussi tout plein de choses à faire au niveau des infrastructures, comme par exemple jouer les matchs un peu plus tôt pour utiliser moins d’éclairage, ne pas distribuer de flyers, proposer des solutions végétariennes de restauration sur place, des écocups, etc.

Mais je suis convaincu que les solutions qui sont les bonnes doivent aussi être profitables sur le plan financier pour les clubs. Il existe aujourd’hui des classements au niveau des Centres de Formation, pour déterminer par exemple lequel d’entre eux possède le plus de joueurs qui suivent des études. Le club qui a le plus de points se voit récompensé. On pourrait parfaitement envisager la même chose au niveau de l’écologie et des clubs, en calculant par exemple les bilans carbones et les mesures durables qui ont été prises pour rémunérer les 7 premiers clubs et sanctionner les 7 derniers. Les idées ne manquent pas !

Merci Clément pour ton temps et on te souhaite bonne continuation !

Interview réalisée par Aurélien Lecuyer

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